VillaBar : La réalité parisienne continue d’imiter la liberté virtuelle
|
|
|
|
Written by Tristan Descabanes
|
|
Tuesday, 16 October 2007
|
A l’occasion du lancement de VillaBar, un projet parisien d’art de bar participatif, tour d’horizon de la vie urbaine libre.
1 Les années 2000 : événementielles et participatives !
Les parisiens se réapproprient la vie. Ils sortent de leurs immeubles fermés pour se regrouper par affinités pour des événements volatiles mais chargés de sens. Ces événements peuvent être de grande envergure ou plus modestes. Ils n’en restent pas moins qu’ils représentent tous cette fureur de l’événement collectif qui se veut authentique, capable de fédérer un certain nombre de gens mais pas encore « récupéré » par le « système » médiatique officiel, c'est-à-dire commercial ou institutionnel. Certains événements se multiplient et gagnent d’autres villes, d’autres pays. D’autres avortent en quelque sorte. Mais tous participent de cette atmosphère d’action collective libre qui monte depuis le début des années 2000 et l’expansion d’Internet. Le monde virtuel (Internet) s’est beaucoup inspiré du monde réel, mais il est allé beaucoup plus loin. De par les facilités d’interaction qui s’offrent sur Internet et après l’exemple extraordinaire de l’encyclopédie mondiale Wikipédia, l’Internet collectif et participatif s’est développé à toute allure. Maintenant, le monde réel tente de rattraper son retard. A l’image d’Internet et des wikis, auxquels les gens peuvent participer librement, de plus en plus d’événements se créent de façon non pyramidale et se répandent sans appartenir à personne. Paris et la province sont touchés.
2 Les attraits des événements collectifs urbains
Parmi les événements collectifs il y a les projets encadrés (comme les ballades de rollers encadrés par la mairie de Paris) et les projets libres. Ceux dont nous parlons sont libres.
Les avantages que ces événements représentent pour les gens sont variés. Ils remettent au goût du jour la vie populaire, la spontanéité des gens, l’attrait de l’imprévu…, C’est en fait une sorte de « déguindisation » du monde dont il s’agit. Les milieux socio-culturels s’effacent pour faire place à un moment partagé où chacun apporte son grain de sel… Le goût de l’instant est un des moteurs de la mobilisation provoquée par ces événements, qui donnent l’impression que le monde est vivant, que la surprise est encore possible dans une ville moderne et surveillée du XXIème siècle. De fait, le lancement de ces événements est simple. L’idée d’un rassemblement est conçue, puis se répand par l’Internet et par quelques affiches « papier » ; enfin, le jour du rendez-vous les personnes intéressées se retrouvent dans un lieu public ou un bar. Si c’est un succès, l’événement est reconduit.
3 Exemples concrets : la République des blogs, le 48Hour Film Project (faire un film en 48 heures)
Le projet de la République des Blogs est né dans l’année qui a précédé la dernière élection présidentielle française. Leur site résume : la République des blogs, c’est « un lieu (un café), une date : un rendez-vous où les blogueurs qui parlent de politique et leurs lecteurs se retrouvent pour discuter, échanger, échafauder des plans, se voir enfin, faire ce que bon leur semble. Tout ça dépend d'eux (…) Tout le monde peut venir. Blogueur, lecteur de blog, ami de blogueur, simple passant...». Ainsi, au-delà de l’appartenance politique et sociale, les citoyens se réunissent pour créer leur propre événement politique. Le 48hour Film Project est né aux Etats-Unis et arrivé en France il y a trois ans. C’est un marathon du court métrage (il faut réaliser un court métrage en 48 heures en utilisant un personnage et une réplique obligatoires). Le concept est simple et incroyablement efficace : un ou deux organisateurs décident d’organiser un 48 Hour dans une ville. Il suffit de le notifier aux créateurs américains, qui encadrent de loin. Ensuite, il faut : trouver un lieu de rendez-vous (un bar) ; créer un site basique, voire un blog sur lequel toutes les informations sont données ; lancer le « bouche à oreille ». Cette année, « les 48 heures », comme ses participants l’appellent, ont mobilisé à Paris plus de 70 équipes de tournage. Ces projets auraient été infaisables sans la présence des bars parisiens. Aujourd’hui, en lançant le projet VillaBar, l’association AlmaSoror met le bar au centre même de son projet.
4 Bars de Paris, faire d’un lieu de vie un lieu de création
Les bars sont les lieux de ces rendez-vous mi-improvisés, mi-organisés. Lieux de toutes les rencontres et symboles mythiques de toutes les créations (l’écrivain mal rasé au fond de son bar, le photographe qui attrape un baiser au comptoir, le peintre qui croque un regard solitaire qui passe), les bars tendent à accepter ce genre de rendez-vous. Ils n’en profitent pas pour augmenter les prix des consommations. Les clients habituels sont plus ou moins « dérangés » et peuvent choisir de participer, d’observer ou d’ignorer l’événement. A mi-chemin entre le happening et l’événement artistique collectif, VillaBar est un concept qui vient d’être créé. Après l’art de ville, ou art urbain (graffitis, tags, hip hop), le projet VillaBar affirme créer l’art de bar, libre et gratuit. Libre, signifie qu’il n’y a pas de droits d’auteur et de droit à l’image. Gratuit, qu’il n’est pas besoin de payer pour participer ni pour voir l’art. Ce qui dans l’art urbain traditionnel est vagabond et risqué, car interdit, n’est plus là dans l’art de bar puisque et le bar et les participants sont d’accord et que le support n’appartient pas à l’Etat. Quel avenir pour cet art de bar ?
5 L’Art de bar naît. A-t-il un avenir ?
VillaBar aura lieu, si l’on en croit leur site et leurs affiches, le troisième dimanche de chaque mois à 18h30. La première édition aura lieu ce dimanche 21 octobre. En lançant le projet d’Art de bar VillaBar, le bar du Piston Pélican et l’association AlmaSoror sont dans la lignée de ces événements libres, participatifs, à la fois désordonnés et cohérents. Le concept du happening est présent puisque on ne peut prévoir à l’avance ce qui aura lieu et que les artistes-leaders seront tributaires des prestations des Parisiens présents sur les lieux. Le projet VillaBar se veut promouvoir l’art de bar. Redonner ainsi à un type de petit commerce (les bars) une dimension de partage communautaire forte, tout en mettant la création et l’expression artistique à la portée de tous. Une dimension politico-sociale s’insère puisque les publics sont mélangés et que la frontière entre l’artiste et le public est brouillée (à défaut d’être totalement effacée). Pour autant, ces idéaux émis par l’association AlmaSoror et le bar du Piston Pélican trouveront ils une matérialisation, une concrétisation qui leur donne raison ? Il ne reste plus qu’à voir si VillaBar s’imposera comme un événement ou si le concept d’art de bar n’est qu’une étincelle qui s’évanouira avec la fin de VillaBar. Nous le saurons sans doute mieux lors de l’exposition du premier roman photo VillaBar, le 15 novembre 2007.
Tristan Descabanes Paris (France)

|
|
Last Updated ( Wednesday, 17 October 2007 )
|
|
|
Image de la semaine |
Non ce n'est pas une affiche de campagne en Turquie, mais bien celle du parti socialiste autrichien (SPÖ) pour les élections d'octobre prochain à Vienne. Après les affiches de campagne de Strache qui plaide pour le " pur sang viennois" c'est la course au populisme?
Wien-Wahl: Politiker sprechen türkisch: 200.000 Neoösterreicher Wähler haben Migrationshintergrund. Die Parteien buhlen um ihre Stimmen - gerne auch in einer Fremdsprache.( Kurier 25/08/2010)
section: Portofolio
|
|
NewropMag Blog Press Review |
|
mod_dbrss2 AJAX RSS Reader poweredbysimplepie
|
|
Cartoon of the week |
(click on the image to enlarge)
|
|
Focus |
|
La deuxième rencontre du cycle
“LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe
Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris
 A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.
Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.
Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.
Contacts:
Micaela Bracciaferri, Coordinatrice “Les Amis de Beppe Grillo à Paris »
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it
Marianne Ranke-Cormier, Rédactrice en chef du NewropMag
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it
Entrée libre sur pré-inscription auprès de
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it
|
| |
|
Podcast: "La France en 2020" - France Inter "Le Téléphone sonne" |
|
|
|
Newsletter |
|
Keep yourself updated with our FREE newsletters now!
|
|