Libérons l'Entreprise européenne

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Written by Régis Jamin   
Wednesday, 02 February 2005
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Une étude prospective publiée par le NIC (National Intelligence Council, le Think tank du directeur de la CIA) a provoqué une levée de boucliers de nos fonctionnaires bruxellois la semaine dernière. Elle établit que «  la capacité de l'Europe à peser sur les affaires du monde dépendra de sa cohérence politique » ou encore que faute de réformes économiques majeures en Allemagne, France ou Italie, « l'UE risque de se désintégrer ».

© CIAD'après la CIA, l'UE serait d'ici 2020 surpassée économiquement par la Chine, l'Inde ou le Brésil. Si cette vision quelque peu alarmiste de notre Union peut sembler partiale, il n'en reste pas moins que beaucoup d'arguments sonnent justes.

Malgré la réussite de l'Euro même si limitée par plusieurs pays de l'Union qui n'ont pas encore rejoint la monnaie unique, l'Union économique reste à construire. Après plus de quarante (!) ans de travaux préparatoires, le sommet de Nice de décembre 2000 avait ratifié le principe de création de la SE (Société européenne ou Societas Europea) suivi par l'adoption du Règlement (CE) 2157/2001. Ce Règlement permettrait enfin de donner une « nationalité » européenne  à une Société Anonyme d'un Etat européen qui voudrait élargir son marché local à l'UE. Hélas, malgré 70 articles consacrés à la constitution de la SE, à son fonctionnement ou à ses comptes annuels, le Règlement renvoie encore au droit en vigueur dans l'Etat auquel la SE rattache son siège. Et si à compter du 8 octobre 2004, les entreprises peuvent utiliser la SE, il reste encore un travail énorme d'harmonisation des législations des 25 Etats de l'Union pour la rendre opérationnelle.

Les entrepreneurs américains, indiens ou chinois peuvent donc se frotter les mains, eux qui peuvent se prévaloir d'un marché intérieur énorme pour lancer ou développer leurs activités avant de se lancer à l'international. Ainsi un entrepreneur basé à New-York peut en 48 heures créer une société reconnue dans les 50 Etats de sa Fédération, mettre en place une administration comptable simple, établir des modèles de contrats valables de la Floride à l'Alaska, ou décider du jour au lendemain d'ouvrir une agence distante de plusieurs fuseaux horaires à Los Angeles s'il estime que son produit peut s'y vendre plus facilement.

Il pourra s'adresser à ses clients dans la même langue, développer une approche marketing unique, proposer une même facturation, un même mode de paiement, un même mode de livraison et enfin être payé dans une seule monnaie. Quand il embauchera des salariés, un seul type de contrat sera utilisable, il pourra opter pour une même couverture sociale pour ces derniers au niveau Fédéral et utiliser les mêmes règles de rémunération ou d'intéressement quel que soit l'Etat dans lequel ils travailleront. Enfin le succès aidant, il pourra préparer son introduction en Bourse sur un marché tel que le Nasdaq et bénéficier immédiatement des ressources du plus important marché boursier au monde alimenté en grande partie par les fonds de pension des retraités américains.

Les entrepreneurs de l'UE sont à des années lumières d'une telle liberté de création ou de développement de leurs entreprises. Nous vous laissons imaginer « le parcours du combattant » de l'entrepreneur français qui cherche une opportunité pour vendre ses produits au Royaume-Uni alors qu'il n'est qu'à deux heures de train. Il devra apprendre l'Anglais, créer une société locale, payer des juristes anglais pour développer des contrats ou pour embaucher localement des salariés avec des règles sociales et fiscales radicalement différentes, utiliser un autre taux de TVA, ouvrir un compte bancaire local et mettre en place une facturation inter-compagnies, un contrat de distribution inter-compagnies, gérer les taux de conversion Euro/Livre Sterling, etc....

Le niveau d'investissement pour réaliser un tel effort est sans comparaison avec son homologue américain, et si en plus cet entrepreneur décide de s'étendre en Allemagne ou en Hongrie, comme l'entrepreneur New-Yorkais déciderait d'aller commercialiser à Washington ou à Seattle,  le rapport des coûts de démarrage de sa structure serait 100 fois plus élevé.

© CIA

Et si malgré cela, l'entrepreneur européen arrive à développer son activité et à préparer une introduction en Bourse, il devra se cantonner à un marché boursier local car il ne pourra pas rêver de s'adresser au volume d'investisseurs d'un Nasdaq. Les capacités de développement de son entreprise seront donc encore une fois largement handicapées. L'Union européenne est-elle réellement un marché de 460 millions de consommateurs ?

Sans doute pour les grandes entreprises capables de payer le prix fort du ticket d'entrée dans chaque Etat de l'Union, mais n'est-il pas paradoxal de voir de nombreuses entreprises américaines prendre des positions monopolistiques sur nos propres marchés  en grande partie à cause de notre incapacité à harmoniser intelligemment nos affaires économiques intérieures ? Il aura fallu plus de 40 ans pour obtenir un Règlement statutaire de la SE, combien d'emplois ou d'entreprises européennes faudra-t-il voir mourir pour arriver à cette harmonisation indispensable à notre survie ? Combien de marchés aurons-nous perdus face aux USA, à l'Inde, à la Chine ?

Lorsque le Think tank de la CIA annonce le déclin de notre économie d'ici 2020 en comparaison à celles de ces derniers pays, n'aurait-il pas raison ? Ce ne sont pas les cris offusqués ou les gesticulations de nos fonctionnaires bruxellois qui renverseront la tendance. C'est le peuple européen, qui de par sa volonté de construire son unité politique ou économique, pourra mettre en place les outils dont il a besoin pour que tous ses enfants aient un travail ou puissent créer leurs entreprises librement sans être soumis à la volonté de financiers extracommunautaires.

Régis Jamin
Paris (France)

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Last Updated ( Friday, 04 February 2005 )
 
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Section: Economy
This section is developed in partnership with LEAP, Laboratoire Européen d'Anticipation Politique, editor of the GlobalEurope Anticipation Bulletin (GEAB)

 

GEAB N°46 - Contents

- Published on June 16, 2010 -

Global systemic crisis / Second half of 2010: The global system’s four single points of failure
The second half of 2010 will thus correspond to a new step in the global geopolitical dislocation, characterized by an acceleration in the process of strategic, financial, economic and social convulsions centered on four single points of failure of the international system... (page 2)
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Western public debt: When insolvency becomes intolerable
Between now and the end of 2010 the whole world will have learned all the lessons from the « Greek crisis ». In fact, there are only two lessons to learn from… (page 5)
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European austerity: When contextual growth is abandoned in favour of structural stability
In speaking of the Eurozone we have written about « a policy » of austerity and not « policies of austerity » as indeed Germany now sets the standards on the subject... (page 8)
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Chinese inflation: When China is going to begin exporting its inflation
As anticipated by LEAP/E2020, the Chinese new impetus plan is coming to an end and opens up two connected problems... (page 12)
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US contraction: From « hidden mass austerity » to « imposed Federal austerity »
The November 2010 mid-term elections will be the first electoral test of a United States in crisis... (page 14)
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Second series of elements for a methodology of political anticipation: Questions about source material and team management
Second series of excerpts from the Manual of Political Anticipation which LEAP will publish in October 2010. (page 19)
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Strategic and operational recommendations for the second half of 2010
US municipal bond market (« munis »): The major shock
Currencies: The hurricane will strengthen with even higher waves!
World stock markets face the unthinkable
Gold, cash, precious metals, real estate… (page 23)
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The GlobalEurometre - Results & Analyses
Those polled are now unanimously agreed (a rare case for the GlobalEurometre) calling for the establishment of European and Asiatic rating agencies so as to no longer depend on the goodwill of Moody’s, Fitch and Standard & Poor’s.… (page 26)
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Special subscribers’ announcements
EU-Russia seminar, Nice, September 23/24 septembre, 2010
Political Anticipation Academy, cycle 2010-2011 (page 30)
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Non ce n'est pas une affiche de campagne en Turquie, mais bien celle du parti socialiste autrichien (SPÖ) pour les élections d'octobre prochain à Vienne. Après les affiches de campagne de Strache qui plaide pour le "pur sang viennois" c'est la course au populisme?


Wien-Wahl: Politiker sprechen türkisch: 200.000 Neoösterreicher Wähler haben Migrationshintergrund. Die Parteien buhlen um ihre Stimmen - gerne auch in einer Fremdsprache.(Kurier 25/08/2010)

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Focus
Conférence-Débat Justice en Europe

La deuxième rencontre du cycle
LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe

Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris


A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.

Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.

Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.

Contacts:
Micaela Bracciaferri, Coordinatrice “Les Amis de Beppe Grillo à Paris »
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Marianne Ranke-Cormier, Rédactrice en chef du NewropMag
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Entrée libre sur pré-inscription auprès de
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ZicClipEurope
A private meeting between the Euro and the Dollar.

Read more here: Dollar vs Euro "Who's the mast€r?" - Blog: ZicClipEurope

 
Podcast: "La France en 2020" - France Inter "Le Téléphone sonne"

Le 22 juillet dernier, Franck Biancheri, Directeur des études de LEAP, et éditorialiste du NewropMag, était invité à l'émission de France Inter "Le Téléphone sonne" sur le thème : "La France en 2020"

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Le Téléphone sonne - France Inter 22/07/2010: "La France en 2020"
 
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