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La décision politique d’un analyste allemand de S&P dirigée contre le nouveau gouvernement polonais

Gefira.org

shutterstock_307103525L’agence de notation financière Standard and Poor’s, connue pour ses décisions controversées, a, cette fois-ci, attaqué la Pologne à la suite de la vague d’hystérie nourrie par les médias européens. Cela a été fait concrètement par l’analyste allemand de S&P qui a conduit à abaisser la note de la Pologne de A- à BBB+ malgré des données économiques qui ne le permettent pas.

L’agence reconnaît officiellement que le changement de la note de la dette de la Pologne résulte du climat politique prétendument défavorable. Défavorable particulièrement au secteur financier et aux banques qui conformément à la nouvelle loi seront tenues de payer un nouvel impôt. L’objectif de l’abaissement de la note est de freiner les actions du gouvernement polonais qui contractera maintenant une dette sur des conditions beaucoup plus défavorables et qui pourrait avoir des difficultés à réaliser ses promesses électorales.

Vendredi après-midi (15.01.), le président polonais Andrzej Duda a signé la loi sur la taxe bancaire selon laquelle, à partir de février 2016, les banques, les sociétés d’assurance et les autres institutions financières seront tenues de verser à l’État 0,44 % de leurs actifs. Le jour même, quelques heures avant, le président a présenté le projet de loi portant sur l’aide aux personnes ayant contracté un prêt en franc suisse et qui, après l’assouplissement du taux de change, sont confrontées à des difficultés. Les médias de droite en Pologne suggèrent que l’abaissement de la note est une réponse du secteur financier aux actions des autorités polonaises.

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S&P ne cache pas que cette décision a été prise par rapport à la situation politique dans le pays. Cependant aucune réponse expliquant comment les changements dans le Tribunal constitutionnel et la mainmise sur les médias publics (action quelque peu controversée) pourraient influencer directement le rendement des obligations. Il pourrait y avoir plutôt des doutes sur la condition budgétaire, car le budget pourrait ne pas résister face à la réalisation des promesses électorales populistes comme l’avancement de l’âge de la retraite, même si le ministre des finances Paweł Szałamach fait tout ce qu’il peut pour concilier les ambitions socialistes des chefs du parti avec la réalité économique, en repoussant la réalisation ce type de réformes pour les années suivantes.

C’est l’analyste allemand de l’agence S&P Felix Winnekens, s’occupant de l’Europe centrale, qui est principalement responsable de l’abaissement de la note. Ce n’est un secret pour personne que la scène politique allemande, et surtout les médias allemands, sont défavorables au nouveau gouvernement polonais. Ces dernières semaines, nous avons été témoins de plusieurs accrochages verbaux entre les hommes politiques polonais et allemands où les références à l’héritage nazi ou les incitations à infliger des sanctions pour coup d’état, n’ont pas manqué.

Même Donald Tusk, l’actuel président du Conseil européen, autrefois premier ministre polonais et ennemi politique numéro un du parti actuellement au pouvoir Prawo i Sprawiedliwość (PiS) (Droit et Justice), impute la présentation de cette image déformée de la situation en Pologne aux médias occidentaux. Winnekens a semble-t-il cru que la démocratie en Pologne était réellement menacée et que la banque centrale ne tarderait pas à perdre son autonomie, même si, le jeudi 14.01., le président de la banque centrale NBP Marek Belka assurait que le faible taux du zloty était lié aux conditions globales et la stable situation sur le marché des obligations confirmait que l’économie se portait bien. Malheureusement, compte tenu de la décision de l’agence S&P, le rendement des obligations d’état s’est envolé, ce qui n’a pas pu être prévu même par le président de la banque centrale Belka.

Il ne pouvait pas le prévoir car cette décision a été prise à l’encontre des normes en vigueur. Selon le ministère des finances, l’agence n’a pas dûment discuté avec les autorités de la situation, elle n’a permis aucun recours et a décidé de changer la note sans changer auparavant la perspective positive qu’avait la Pologne en perspective négative, ce qui est convenu de faire en premier lieu. Les autres deux agences de notation principales – Fitch et Moody’s n’ont trouvé aucune raison d’abaisser leurs notes de A- et A2 et n’ont même pas changé la perspective qui est restée « stable ».

L’agence S&P s’est déjà illustrée dans le passé par des notations de risque non fiables. En 2008, elle a contribué à la crise financière en trompant les clients quant à la viabilité financière de Lehman Brothers et des CDO, pour cette raison, en 2015, elle a dû payer aux autorités américaines une indemnisation s’élevant à 1,5 milliard de dollars. La France a également subi les conséquences des actions de l’agence qui a abaissé sa note en 2013 ; il en est de même de l’Irlande où l’agence s’est mêlée des affaires intérieures du pays et de la Russie qui prétend que l’abaissement de sa note est un acte politique conduit par le gouvernement américain. L’agence S&P a également attaqué Viktor Orban, le grand allié de la Pologne et un modèle pour Jarosław Kaczyński, qui a dû gérer la très basse note de la Hongrie malgré une bonne croissance économique.

Mais à quelque chose malheur est bon. Le zloty a dévissé suite à la décision de l’agence S&P, ce qui est favorable à l’export polonais. Il semble que la Pologne, pour la première fois dans son histoire contemporaine, notera un surplus sur le compte du commerce extérieur. Le zloty moins cher est un atout pour les exportateurs polonais et une perte pour les importateurs. Les sociétés étrangères, comme les sociétés allemandes, auront plus de difficultés à vendre leurs produits en Pologne.

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Les faits concernant l’agence S&P :

  • elle a abaissé la note même si la perspective était positive, ce qui arrive très rarement, par exemple en cas de situations dramatiques ou d’événements extraordinaires ;

  • elle a abaissé la notation sans baisser les notes des facteurs particuliers, dont les conditions institutionnelles qui ont été mises en évidence dans l’opinion ;

  • le risque de perte de l’autonomie par la banque centrale a été suggéré malgré le fait que dans le rapport présenté, la situation monétaire est considérée comme un point fort de l’économie ;

  • si le climat politique et le risque institutionnel en Pologne est élevé, pourquoi les notes de la Chine, de Hong Kong, de l’Arabie saoudite ou du Qatar restent à un niveau plus élevé ?

    la source:

    1. Incomprehensible decision of one of the rating agencies Source: Ministry of Finance 2016-01-15
    2. Russia: S&P downgrade was ‘on Washington’s orders’ Source: DW 2015-01-27