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Les disputes commerciales bananières entre l’UE et le continent américain (2)

Rafael Salamanca & Jorge Iván López

Partie II – La défense colombienne de l’industrie bananière: de l’individualisme à l’action conjointe latino-américaine.

La Colombie dans le cadre de la guerre de la banane a modifié plusieurs fois sa stratégie de défense de ses intérêts en oscillant entre une action individuelle, qui  lui a rapporté quelques résultats temporaires, et une action coordonnée avec les pays exportateurs de la région, en réussissant à contenir de ce fait les conséquences prévisibles de l’application des propositions européennes.
– Partie I – Le commerce mondial de la banane –

Le gouvernement national colombien dans les années quatre-vingts dix, devant les changements du régime européen d’importation de la banane, qui prévoyait des limitations douanières, a initialement coopéré avec le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica, membres de l’Union des Pays Exportateurs de Bananes, afin de dénoncer la politique douanière européenne auprès du Secrétairerie Général du GATT. Cependant, devant l’invitation européenne à négocier directement, la Colombie tout comme le Costa Rica, le Venezuela et le Nicaragua, a décidé d’abandonner cette procédure et de négocier une plus grande participation au marché communautaire.

Les résultats de ces négociations ont été repris dans l’Accord Cadre pour la Banane (ACB), un schéma d’importation qui excluait cependant les autres pays de la région. Face à cela un nouveau groupe de pays avec à leur tête les Etats-Unis et regroupant l’Équateur, le Guatemala, le Honduras et le Mexique, ont dénoncé l’accord ACB le considérant comme discriminatoire et incompatible avec les compromis adoptés dans le cadre de l’OMC, des arguments que l’Organisation a considéré légitimes en déclarant l’incompatibilité de cet accord aux normes commerciales multilatérales.

Par cette dernière décision, prise à l’encontre de l’UE, la Colombie a ainsi perdu les accords préférentiels obtenus et a dû par la suite accepter l’application du schéma d’importation européen, qui discriminait la région latino-américaine dans son ensemble.

Les gains que la Colombie aurait pu obtenir par le passé avec ce comportement individualiste ne se sont pas du tout probants, au contraire, le manque de coordination latino-américaine a conduit à la perte des participations fondées essentiellement sur des références « historiques » sur le marché communautaire. “Premier arrivé, premier servi”, une devise sur laquelle s’appuie l’UE devant l’absence d’accord en la matière.

Intégrant l’initiative d’une action coordonnée au niveau régional, la Colombie a participé aux délégations techniques du Panama, du Costa Rica, de l’Équateur, du Honduras et du Nicaragua dans la préparation de leurs audiences devant l’OMC[1]. De ce fait, elle a coordonné ses positions avec huit autres pays, avec lesquels elle a formé un bloc uni pour la défense de l’industrie agro-alimentaire de la zone dollar en repoussant les propositions tarifaires européennes et en plaidant pour le maintien du tarif en vigueur de l’ordre de 75 euros par tonne[2].

Des réussites partielles ont été obtenues grâce à l’intérêt colombien et de ses voisins, pour établir un modèle d’accords diplomatiques basé sur l’établissement d’alliances autour de la défense commune. Ce qui leur a permis, dans l’ensemble, d’avancer dans la protection et la promotion de leurs intérêts en surpassant les gains qu’ils auraient pu obtenir dans des rôles individuels.

Le caractère effectif de la diplomatie associative

Les résultats obtenus par la Colombie dans le cadre d’un schéma de diplomatie associative permettent de dépasser partiellement les déséquilibres de pouvoir de négociation entre les nations en voie de développement face aux pays industrialisés qui essaient d’imposer leurs politiques commerciales aux membres les “plus faibles”.

Ces leçons permettent de promouvoir l’efficacité des rapprochements avec les pairs régionaux, de dépasser peu à peu l’ignorance et la méfiance mutuelle, qui ont engendré beaucoup de réticences entre les Latino-américains comme cela a été le cas au cours des premières disputes bananières, et qui ont malheureusement empêché la réalisation d’accords qui auraient pu favoriser toute la région.

Les disputes bananières ont démontré en pratique l’efficacité de promouvoir ce style de coopération basée sur la diplomatie associative, un mécanisme utile pour améliorer la capacité de négociation nationale et une voie d’articulation régionale dans les espaces internationaux de discussion et de décision.

De telles articulations autour de sujets ponctuels peuvent dans le cadre de processus concrets contribuer à l’intégration régionale. Elles démontrent aux pays latino-américains tous les avantages réels d’un travail d’équipe pour l’obtention de gains économiques, pour chacun des participants, un bénéfice qui pourrait être supérieur aux résultats de négociations individuelles comme ils l’ont traditionnellement fait auparavant.

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Partie I – Le commerce mondial de la banane
 

Rafael Salamanca
Université de Genève (Suisse)
Jorge Iván López
Ministères de Affaires Etrangers de Colombie – Bogota


[1] AUGURA, “A audiencia con los árbitros de la OMC , viajan bananeros colombianos a Ginebra”, Boletín de prensa, Medellín, Colombia, 27 juin 2005
[2] AUGURA, “El Gobierno nacional y el gremio bananero esperan, con optimismo, el segundo fallo por parte del tribunal arbitral de la OMC”, Circular Número 58, Medellín, Colombia,  13 Octobre  2005, p 1