[Une semaine allemande] L'Allemagne s'adapte à la nouvelle donne géopolitique

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Europolitik
Written by Edouard Husson   
Thursday, 02 July 2009
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Lundi 22 -Mardi 23 juin 2009 - Vers une reconduction de la Grande Coalition?

Dans quelle mesure les élections européennes annoncent-elles ce qui se passera en septembre prochain, lors des élections au Bundestag?

Les experts de l'opinion allemande ont exprimé leur scepticisme quant à la possibilité de prolonger les tendances de l'élection européenne pour anticiper sur ce qui va se passerau début de l'automne en Allemagne. Premier élément essentiel, la faiblesse de la participation, de 40% comme en France - sauf dans les régions où avaient lieu, le même jour, une élection municipale, et où environ 50% du corps électoral s'est déplacé. Deuxième élément: la CDU, à 37%, a perdu sept points par rapport à l'élection européenne précédente, tandis que le SPD restait stable, à 21%, un score qui ne l'avait pas empêché, il y a quatre ans, de rejoindre la CDU/CSU autour de 34% lors des élections législatives. Malgré le "bonus Merkel" et l'absence de charisme de Franz Steinmeier, le candidat du SPD à la chancellerie, les pronostics sérieux tablent sur une capacité du SPD à mobiliser d'ici septembre et sur un score vraisemblablement serré entre les deux partis de l'actuelle Grande Coalition. le point sur lequel les spécialistes allemands des sondages sont d'accord, c'est l'impossibilité pour les trois autres partis - FDP, Verts, Die Linke - de recueillir beaucoup plus que 10% des voix. Il est donc plus que probable, pour eux, qu'avec une CDU qui fera moins de 37%, il n'y aura pas de majorité conservatrice-libérale mais plustôt une reconduction de la Grande Coalition.

Les classes moyennes sont fragilisées, l'audience des deux "grands partis" se réduit. Ils ne semblent pas avoir d'autre perspective que de gouverner ensemble car ni une coalition chrétiens-démocrates/libéraux/Verts ni une coalition sociaux-démocrates/Verts/ Die Linke ne semblent réalisables aujourd'hui. Peut-être le seul élément d'alternative à la Grande coalition est-il une coalition Libéraux/Verts/SPD. Mais le SPD ne peut pas l'annoncer sans risquer d'aliéner ce qui lui reste d'électorat populaire.

Mercredi 24-Jeudi 25 juin 2009 Une révolution géopolitique a commencé

Comment ne pas revenir sur la révolution géopolitique qui a commencé la semaine dernière, à Ekaterinbourg? L'Organisation de Shangaï (la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan) a commencé d'envisager la création d'une monnaie commune de règlement des transactions commerciales au sein de la zone. Réunis parallèlement par la Russie et la Chine, le BRIC ( Brésil, Russie, Inde, Chine) a renchéri sur la nécessité de mieux réguler les relations financières internationales et de voir émerger de nouvelles monnaies de réserve officielles, à côté du dollar. La presse allemande est très sobre, pour commenter ces deux rencontres. La tonalité générale consiste à expliquer que la Russie et la Chine cherchent les moyens de contenir les effets de la crise sur leur économie. S'en tenir là, ce serait cependant ne pas voir le retournement qui se produit par rapport à septembre 2001. Les Etats-Unis apparaissaient tout puissants en Asie Centrale; et Vladimir Poutine avait soutenu la "guerre contre le terrorisme", y compris si cela signifiait accepter des bases américaines dans la zone d'influence russe. Huit ans plus tard, les Etats-Unis sont toujours plongés dans la guerre d'Afghanistan; et la Russie agit de concert avec la Chine sans consulter les Etats-Unis. Ces derniers ont en vain tenté d'être invités à Ekaterinbourg, au moins à titre d'observateurs. La Russie et la Chine se sont permis d'accorder leur soutien à Ahmadinejad en plein sommet. Le coup le plus spectaculaire est d'avoir associé le Brésil et l'Inde à la réunion d'Ekaterinbourg. A présent, presque la moitié de la population de la planète réclame un nouvel ordre monétaire et financier international. Les Etats-Unis n'auront pas d'autre choix que de répondre à l'invitation qui leur sera adressée maintenant qu'une position commune a été élaborée.

Vendredi 26-Samedi 27 juin 2009 - Madame Merkel s'adapte à la nouvelle donne géopolitique mondiale

Le chancelier allemand est aux Etats-Unis. Madame Merkel imagine un triangle géopolitique Etats-Unis-Europe-Russie. Comme la Russie est au coeur de l'Organisation de Shangaï et du BRIC et qu'elle participe au G8, Moscou est désormais au centre de la géopolitique mondiale. Vingt ans après le début du démantèlement de l'Empire soviétique (on fête ce samedi le vingtième anniversaire de la réouverture de la frontière entre l'Autriche et la Hongrie en 1989), la Russie est à nouveau une puissance.

Madame Merkel avait, la fin de semaine dernière, beaucoup critiqué le pouvoir iranien. A Washington, elle a modéré ses propos, non seulement parce que des représentants de l'industrie allemande le lui ont demandé mais à cause de la ligne politique suivie par Barack Obama, qui ne veut pas d'un soutien trop affiché aux manifestants iraniens, de peur d'aggraver la répression contre eux.

Quand on observe sans passion l'élection iranienne, on comprend bien que le pays est profondément divisé entre des classes moyennes et supérieures éduquées et plus urbaines, qui aspirent à la démocratie et les couches populaires, autant rurales qu'urbaines, maintenues dans la pauvreté par l'isolement de l'économie du pays. Même s'il y a eu de la fraude, il semble bien que le rapport de force électorale entre Moussavi et Ahmadinejad soit essentiellement un rapport de force sociologique. L'Occident n'a pas intérêt à provoquer la guerre civile en Iran, sauf à renier ses propres principes.
La situation de l'Iran fait penser à celle du Vénézuela où Chavez s'appuie sur 60% de la population en bloquant l'aspiration au pouvoir des 30% les plus riches et les mieux éduqués. Si la Chine et la Russie soutiennent Ahmadinejad, c'est que leur pouvoir est au fond actuellement bâti sur le même clivage: s'appuyer sur la "dictature du peuple" et contenir les classes moyennes émergentes

Edouard Husson*

Paris, France


 *Edouard Husson est maître de conférences et Directeur de recherches en Histoire contemporaine de l'Allemagne et de l'Europe auprès de l'Université de la Sorbonne à Paris. http://www.edouardhusson.com/ et www.wmaker.net/seminaireshoah



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Non ce n'est pas une affiche de campagne en Turquie, mais bien celle du parti socialiste autrichien (SPÖ) pour les élections d'octobre prochain à Vienne. Après les affiches de campagne de Strache qui plaide pour le "pur sang viennois" c'est la course au populisme?


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Conférence-Débat Justice en Europe

La deuxième rencontre du cycle
LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe

Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris


A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.

Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.

Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.

Contacts:
Micaela Bracciaferri, Coordinatrice “Les Amis de Beppe Grillo à Paris »
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Marianne Ranke-Cormier, Rédactrice en chef du NewropMag
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Le 22 juillet dernier, Franck Biancheri, Directeur des études de LEAP, et éditorialiste du NewropMag, était invité à l'émission de France Inter "Le Téléphone sonne" sur le thème : "La France en 2020"

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