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Le Premier ministre Ivo Sanader (HDZ) a proposé que la Croatie renonce à l’adoption d’une Zone de protection écologique et de pêche (ZERP), afin de mettre fin aux différends opposant le pays à la Slovénie et à l’Italie, et de permettre une avancée rapide de la Croatie dans les négociations pour l’intégration européenne. Malgré l’opposition du Parti paysan croate (HSS), la coalition gouvernementale n’est pas remise en question, et le Parlement va sans doute voter la suspension de la ZERP. 
Le Parti paysan croate (HSS) a finalement décidé, en insistant sur la légitimité, de ne pas soutenir la suppression de l’adoption de la Zone de protection écologique et de pêche (ZPEP, ZERP en croate pour Zaštićeni ekološko-ribolovni pojas) pour les États membres de l’Union européenne (UE). La Communauté démocratique croate (HDZ) a répondu qu’elle comprenait entièrement sa position, et la majorité n’a pas soulevé de problèmes, de sorte que le Sabor [Parlement] va certainement voter la suspension de la ZERP. Ainsi, la coalition gouvernante n’a pas été remise en question. On pourrait pratiquement dire que tout le monde est satisfait. Déjà, à la veille du débat du Sabor du 14 mars, la présidente du HSS, Marijana Petir, avait déclaré aux journalistes que son parti ne soutiendrait pas la conclusion proposée par le HDZ sur « la mesure provisoire de prolonger l’application de la ZERP jusqu’à l’accord orienté vers la voie européenne ». « La ZERP ne fait pas partie de notre accord de coalition avec le HDZ, de sorte que nous ne faisons aucune transgression. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord sur la ZERP, mais nous ne quittons pas le gouvernement », a déclaré Marijana Petir. Elle a rejeté les allégations comme quoi le HSS s’opposait à l’UE « car la convention internationale sur la base de laquelle nous avons adopté la ZERP n’est pas en contradiction avec les principes européens du règne de droit ». Pas de reproche au HSS
Le chef du groupe de représentants du HDZ, Andrija Hebrang, a immédiatement exprimé sa compréhension pour le refus du Parti des paysans croates (HSS). « Je n’ai pas de reproches à leur formuler car le ZERP était l’un des points principaux de la campagne préélectorale du HSS et leur projet principal depuis de nombreuses années. Je comprends qu’ils ne peuvent renoncer maintenant, mais même sans eux nous avons suffisamment de voix. Et la coalition perdure », a déclaré Hebrang, en ajoutant que même dans un couple les conjoints ne s’entendent pas toujours à 100%. Parmi les partis d’opposition qui ont soutenu le HDZ se trouvent le Forum démocratique d’Istrie (IDS) et le Parti populaire croate (HNS). Le groupe du DSP est incertain sur la position à prendre dans la nouvelle situation. Une partie des représentants était disposée à soutenir la conclusion du HDZ « au nom d’importants intérêts nationaux » mais certains socio-démocrates y étaient opposés car cela aurait été interprété comme une solidarité avec le gouvernement Sanader. On a aussi évoqué le fait que le SDP présenterait sa proposition concernant les conclusions. Dans son discours d’introduction au Sabor, le Premier ministre Ivo Sanader a évoqué le fait que Franjo Tuđman non plus n’avait pas instauré la ZERP ni rien de semblable bien que cette possibilité ait été examinée après l’opération « Tempête » « lorsque d’une certaine manière nous avons été sanctionnés par l’Union européenne ». « Tuđman et nous-mêmes avions alors décidé de ne pas accepter la proclamation d’une zone de commerce ou de toute autre zone similaire. Mais on ne peut pas dire que nous n’avons pas défendu les intérêts nationaux et que nous n’avons pas voulu les appliquer », a souligné Sanader qui a en général consacré tout son bref discours à montrer qu’entre la ZERP et l’UE, il choisissait l’Union européenne, qui représentait « l’intérêt national absolu ». Il y a eu des décisions plus pénibles
« Cet objectif n’a jamais été pris en compte en Croatie et nous avons toujours été prêts à présenter tout ce qui regarde la qualification de ce statut. C’est pourquoi je ne considère pas que c’est un moment dramatique car notre devoir est de prendre des décisions difficiles. Dans le passé il y en a eu de plus difficiles, et ce sera probablement le cas à l’avenir sur notre voie vers l’Union européenne », a déclaré Sanader. « Si la Croatie avait opté pour la ZERP, nous serions dans la même situation que nos voisins, et nous ne le désirons pas », a-t-il averti ses représentants. « La Croatie n’a pas le droit de perdre du temps et nous ne pouvons pas nous permettre de faire partie des problèmes de l’Europe du Sud-Est. Nous ne le voulons pas, nous ne le méritons pas et nous ne le serons pas », a résolument déclaré le Premier ministre. Sanader a annoncé que lors des négociations avec les parties intéressées en ce qui concerne le régime de la ZERP, il insisterait en particulier sur l’aménagement du lieu de reproduction des poissons à Jabučka Kotlina. Chantage de la Slovénie et de l’Italie
Le président du HSS, Josip Friščić, a dit que son parti ne soutiendrait pas la suspension de l’application de la ZERP aux États membres de l’UE, tout en soulignant que cela ne provoquerait pas de crise au gouvernement. « Le message venant de l’UE est mitigé. Mais ce n’est pas le message des 27 pays de l’UE. Nous faisons l’objet d’un chantage par nos deux pays voisins qui luttent pour quelque chose dont ils ne sont pas conscients et qui va au-delà de leurs droits. Pour la Slovénie, il ne s’agit pas des poissons mais des frontières. Pour l’Italie, il s’agit d’un intérêt commercial car les pêcheurs italiens de la ZERP ont un revenu de 200 à 300 millions d’euros par an », constate Friščić. Il ajoute que le dilemme actuel est « ou la ZERP ou l’UE », mais il se demande ce qui se passera demain quand viendront à l’ordre du jour les questions des frontières, des chantiers navals, de l’économie énergétique, des concessions pour l’exploitation des forêts, des terres agricoles, de l’eau potable ou de la libéralisation du marché du travail. À la une des journaux aujourd’hui, on lit « À bas la ZERP, vive l’UE ». « Est-ce qu’on lira bientôt « À bas les forêts, vive l’UE » ? », s’est demandé Friščić en soulignant que la Croatie doit se préparer à de tels défis. Le SDP est « pour » si la coalition gouvernementale est unie
Le président du SDP Zoran Milanović a souligné que puisque la décision concernant la ZERP était déjà prise, les votes des membres de son parti n’auraient qu’un caractère formel. « Nous voterons pour cette décision si la coalition gouvernementale montre une unité sur cette question politique très importante actuellement pour notre pays. Or, cette unité ne s’aperçoit pas. Notre but n’est pas de renverser le gouvernement, mais il y a des différences sur des problèmes essentiels, il n’y a pas de cohésion et la question qui se pose est de savoir comment il mènera la Croatie », estime Milanović. Il a demandé au gouvernement de dire ouvertement la vérité à l’opinion publique, qu’il n’y a plus de ZERP et qu’après l’entrée dans l’UE, tout pays membre aura des quotas de pêche sur ce territoire, conformément à la politique commune de la pêche (PCP). « Pourquoi est-il si douloureux de dire la vérité : que la ZERP était notre désir de protéger la mer, mais qu’elle n’existera plus ? Nous n’avons pas réussi à réaliser cet objectif, mais nous réussirons l’entrée dans l’UE. Cependant ce ne sera pas avant 2011 car il est clair que les négociations ne se termineront pas avant l’automne 2009 », a conclu Milanović. Dražen Ciglenečki, Zlatko Crnčec (Novi List) Traduit par Persa Aligrudić Courrier des Balkans Envoyez vos commentaires:
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