Cas de consciences et conscience des cas

Print E-mail
Written by Edith de Cornulier-Lucinière   
Tuesday, 21 November 2006
Share/Bookmark

Avortement, euthanasie, vie animale

ImageLes bases minimales universelles existent-elles ?

Comment se mettre d’accord sur ces thèmes insolubles que sont l’euthanasie (ou suicide assisté), l’avortement, et la question du respect de la vie animale ? La visite d’autres sociétés du monde ne nous aide nullement : certaines sont vastement infanticides ou pratiquent des sacrifices humains. D’autres refusent tout crime animal ou humain.

Souvent, ce ne sont pas les mêmes personnes qui défendent le droit à l’euthanasie, à l’avortement et à la consommation animale. C'est-à-dire que ce ne sont pas les mêmes personnes qui défendent les fœtus, les animaux et qui interdisent l’aide à la mort. Il n’y a donc pas de gens qui défendent la vie à tout prix, mais plutôt des gens en désaccord sur les frontières de la vie, de la mort et de la valeur des êtres.

Leur point commun est qu’ils disent défendre la vie tandis que les arguments d’en face font appel à la santé, à la liberté, ou à la tradition.

La mésentente autour de ces sujets est irréparable, parce qu’ils touchent à des choix intérieurs éthiques qui ne peuvent être prouvés universellement, par la science, par le sentiment ou par le droit. Le respect de la vie est toujours la valeur inaliénable invoquée. Mais où la vie commence-t-elle ? Quand est-elle sensible ?

Mon but n’est pas de répondre à ces questions abyssales, mais de les formuler. Juxtaposées, il me semble que les urgences et les libertés qu’elles engagent prennent sens.


Être au monde et être possédé 

l’animal humain et les autres animaux

Comme dans le jaïnisme – une religion indoue -, pour un certain nombre de gens, être auteur de la mort d’un être quelconque est bien plus grave que n’importe quoi. Or, ni la science, pas plus que les religions ou le droit, ne peut mesurer la valeur inaliénable d’un individu, et affirmer la supériorité ou l’égalité des humains avec les autres animaux.

Les non spécistes étendent la question du respect de tout individu humain et prônent un humanisme élargi aux autres animaux. Pourquoi la valeur inaliénable de la vie serait-elle spécifiquement humaine ?

La possession de l’autre, c’est la dépossession forcée de lui-même. Les animaux s’appartiennent-ils à eux-mêmes ou nous appartiennent-ils ?


Avortement : Frontières et entremêlements des corps

Où commence mon corps ? Ou commence et finit celui de l’autre (de l’homme qui a fécondé, de l’enfant embryon) ?

Le corps a-t-il des limites externes ? Dans ce cas le père n’a aucun droit sur l’embryon, qui n’appartient pas à son propre corps, bien que d’une certaine façon il en soit un « prolongement ».

Le corps a-t-il des limites internes ? Dans ce cas, la mère n’a aucun droit sur le bébé qu’elle porte, et, même si elle ne le désire pas, doit cohabiter avec lui comme nous le faisons entre humains, malgré nos aversions.

Le respect du « corps élargi » du père, qui lui donnerait un droit sur le fœtus, s’oppose au respect du corps de la mère. En protégeant le choix du père on met la femme à sa merci. Mais en protégeant celui de la femme, elle devient toute puissante sur la question de l’enfant à naître.

Outre le problème du droit du (futur) père, s’opposent le droit à la vie du fœtus et le droit à disposer de son propre corps de la femme.  Surgit alors une question de santé publique et de responsabilité collective : pourquoi la femme subirait-elle seule les conséquences biologiques de comportements sociétaux répandus (manque d’éducation sexuelle, domination masculine, viol) ? Dans quelle mesure une urgence de vie (le fœtus) peut prévaloir sur une urgence de liberté (la liberté de la femme) ? La vie sans la liberté n’est-elle pas une vie mutilée ?


Euthanasie : droit à la mort

Possédé-je mon corps ? Mes intentions de vie et de mort doivent-elles être prises en compte au nom de ma liberté ?

Dans quelle mesure l’Etat, la société peuvent prendre des décisions concernant mon corps ? Peuvent-ils empêcher la vie (animaux, fœtus) ou la mort (euthanasie) ?

Les pratiques sexuelles à risque (SM) posent le problème du droit à disposer de son propre corps au nom de notre liberté.

L’euthanasie pose cette même question, au nom cette fois de notre souffrance.

La question de l’euthanasie est moins épineuse, car la victime et le bénéficiaire sont la même personne.


Le crime est-il sacré ?

Peut-on respecter et tuer ou doit-on toujours protéger

ce qu’on respecte ? Les bisons chassés et les humains sacrifiés, chez les nord-amérindiens, étaient tout aussi respectés que ceux qu’on ne tuait pas. On peut alors tuer

un être en grande souffrance, ou ôter la vie à un fœtus,

en sachant que l’on commet un crime avec respect, par ce qu’on agit au nom d’autres valeurs que le respect de la vie.

Mais la porte du crime est dès lors ouverte.


Débattre et se battre

Est-on condamné à rester sans réponse, et à débattre ?

Dans ce cas, le salut réside dans les conditions du débat : accepter de débattre, même si nos valeurs sont mises à mal. Et débattre, se battre pour ses idées, en essayant au mieux de comprendre et de respecter celles des autres.

Last Updated ( Tuesday, 21 November 2006 )
 
< Prev   Next >

Image de la semaine
Non ce n'est pas une affiche de campagne en Turquie, mais bien celle du parti socialiste autrichien (SPÖ) pour les élections d'octobre prochain à Vienne. Après les affiches de campagne de Strache qui plaide pour le "pur sang viennois" c'est la course au populisme?


Wien-Wahl: Politiker sprechen türkisch: 200.000 Neoösterreicher Wähler haben Migrationshintergrund. Die Parteien buhlen um ihre Stimmen - gerne auch in einer Fremdsprache.(Kurier 25/08/2010)

section: Portofolio

 
Latest articles
NewropMag Blog Press Review
mod_dbrss2 AJAX RSS Reader poweredbysimplepie
Cartoon of the week

(click on the image to enlarge)



 
Focus
Conférence-Débat Justice en Europe

La deuxième rencontre du cycle
LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe

Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris


A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.

Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.

Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.

Contacts:
Micaela Bracciaferri, Coordinatrice “Les Amis de Beppe Grillo à Paris »
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it
Marianne Ranke-Cormier, Rédactrice en chef du NewropMag
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it
Entrée libre sur pré-inscription auprès de
This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it



 
ZicClipEurope
A private meeting between the Euro and the Dollar.

Read more here: Dollar vs Euro "Who's the mast€r?" - Blog: ZicClipEurope

 
Podcast: "La France en 2020" - France Inter "Le Téléphone sonne"

Le 22 juillet dernier, Franck Biancheri, Directeur des études de LEAP, et éditorialiste du NewropMag, était invité à l'émission de France Inter "Le Téléphone sonne" sur le thème : "La France en 2020"

Réécouter l'émission en podcast !
{enclose Letelephonesonne.mp3}

Le Téléphone sonne - France Inter 22/07/2010: "La France en 2020"
 
Syndicate
Newsletter

Keep yourself updated with our FREE newsletters now!