Festival le FIDEL "La relève" : les jeunes et la politique

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Culture
Écrit par Fulvio Caccia   
20-09-2011
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Voici le FIDEL, premier festival dédié au cinéma de la diversité qui débute ce mardi 20 septembre . Renseignements : www.lefidel.com . Nous vous invitons à venir voir le film "La relève", le dimanche 25 septembre, 19h30 projection à la CNHI 293, avenue Daumesnil (M° Porte dorée) suivi d’une rencontre avec les cinéastes.

Trois mois après que les « indignados » aient planté leurs tentes sur les places des grandes villes d’Europe et du Moyen-Orient, on peut se demander comment les jeunes en France investissent l’espace public et politique ? "La relève", un film d’Emmanuelle Bidou et d’Anne-Sophie Birot l’anticipe à sa façon. Les documentaristes ont suivi trois jeunes dans leur apprentissage militant : Leila, engagée en politique auprès du NPA ; Jean, un lycéen de Montreuil qui fait ses armes dans la contestation estudiantine et Meissa, immigré précaire qui rêve de justice et de business pour son pays, le Sénégal.

Certes le film aurait gagné en pertinence en confrontant la pratique des jeunes militants de l’ensemble des grandes familles politiques en France au lieu de la cantonner à la seule extrême gauche. Mais ce parti-pris militant n’enlève rien cependant à la justesse de l’état des lieux que dresse le film. Les formes d’engagement se diversifient aujourd’hui. Mais les contradictions demeurent.

A l’heure d’internet, des réseaux sociaux, l’engagement dit traditionnel a-t-il toujours sa place chez les jeunes ? Comment le conjuguer lorsqu’il n’y a plus de grandes causes politiques ? Mais qu’est-ce que l’engagement ? Qu’est qu’un militant aujourd’hui ? Ces questions, le documentaire a le courage de les poser.

Peut-être aurait-il fallu explorer davantage du côté des réseaux sociaux pour avoir une meilleure idée de ce nouveau militantisme. On songe aux jeunes blogueurs tunisiens qui ont fait école. Car il s’agit là comme ici de prendre à contre-pied le discours du pouvoir. A cet égard l’une des pistes le plus captivantes du documentaire est sans doute la déconstruction de cette langue de bois dont usent et abusent les autorités pour justifier leur pouvoir. On voit les jeunes militants démonter cette novlangue, en lui opposant une autre parole qui n’est plus celle du Parti ou de la Contestation comme on disait naguère mais qui est celle de la vie, du quotidien, des gens ordinaires qui en ont marre de se faire exploiter.

Déjà le philosophe Walter Benjamin prédisait que dans sa phase avancée, le capitalisme n’avait plus en vue la transformation du monde mais sa destruction. Aussi, on ne peut qu’applaudir à ce documentaire stimulant et réjouissant. Il nous présente trois démarches militantes sans biffer leurs contradictions face au bulldozer ultralibéral. Ne serais-ce que pour cette seule raison, ce film mérite d’être vu et discuté.

Fulvio Caccia
Canada/France
 Directeur de Combats Magazine


Dernière mise à jour : ( 20-09-2011 )
 
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In memoriam
In memoriam
After a long battle against the disease Franck Biancheri passed away 30th of October 2012, at the age of 51. A great European, a militant democrat, a wonderful person.
Franck Biancheri was founder of AEGEE and founding fathers of the ERASMUS programme. He also was research director of the European thinktank LEAP 2020. In 2005, following the ´no’ of the Dutch and French to the Constitutional Treaty, Franck Biancheri founded the European citizens movement Newropeans.