Sommet de Copenhague – L’écologie est morte! Vive l’écologisme!

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Edito
Written by Masha Loyak   
Thursday, 17 December 2009
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C’est à Copenhague que ça c’est passé, en décembre 2009… l’idéologie écologiste a supplanté le projet écologique.

Il y a encore peu de temps, la lutte pour la protection de l’environnement était un projet rationnel fondé sur des observations sérieuses assorties de solutions réalistes. Un exemple de cette époque est fourni par le trou de la couche d’ozone : le problème était avéré, les causes identifiées, les solutions ont été appliquées et les résultats n’ont pas tardé à être obtenus[1]. L’action humaine dans le sens de la destruction, comme dans celui de la réparation, était primordiale, des décisions politiques communes fermes et efficaces s’imposaient et l’industrie a dû s’exécuter.

Depuis quelques temps malheureusement, et Copenhague fournit le point d’orgue de cette tendance, la thématique de protection de l’environnement a subrepticement été remplacée par le concept de réchauffement climatique. On est ainsi passé d’un projet d’action dont l’objectif général était de protéger sous tous ses aspects notre environnement à une incantation autour d’un danger mortel, celui du réchauffement climatique. En littérature, on appelle cela une synecdoque, lorsqu’on utilise la partie pour le tout : le réchauffement climatique est en effet devenu synonyme de protection de l’environnement alors qu’il n’en constitue qu’une partie. En littérature, c’est un joli effet de style, en géopolitique, c’est le détournement de tout un projet, sachant que le choix de cette partie n’est pas neutre.

Tout d’abord, c’est le thème de l’écologie le plus millénariste, le plus apocalyptique de la gamme des thèmes de l’écologie. Le réchauffement climatique, c’est la fonte des glaces polaires, la montée des eaux, la disparition de toutes les implantations humaines côtières (soit la majeure partie de l’humanité), les perturbations climatiques (tornades, ouragans, etc …) incompatibles avec la vie… bref, si le réchauffement climatique n’est pas tout à fait synonyme de « fin du monde », il évoque en revanche la fin de l’humanité et d’une bonne partie de la vie sur terre. On peut difficilement faire plus « armagedoniste ».

On peut supposer que ce thème a d’abord été choisi de bonne foi par les mouvements écologistes dans leur effort d’alerter les gouvernements sur la nécessité de faire quelque chose. Cela dit, l’Europe est ici intégrée à la désespérance américaine en matière d’environnement. L’absence totale de réactivité de la part des autorités américaines aux questions environnementales a contribué à faire émerger aux Etats-Unis des mouvements écologistes particulièrement radicaux et avides de trouver des axes de communication terrifiants. Mais l’Europe n’a aucune raison d’être prise en otage de cette communication extrémisée dont elle doit se méfier car elle met en péril tout le travail sérieux réalisé jusqu’à présent.

La thèse du réchauffement climatique a effet pour principale caractéristique de ne même pas être avérée. Outre les récentes fuites de emails entre chercheurs du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat / IPCC) montrant les incertitudes qui planent en la matière y compris dans le saint des saints des théoriciens de cette thèse, d’autres chercheurs analysent un renversement des tendances climatiques depuis 5 ans invalidant totalement la thèse du réchauffement. Mais, sans même entrer dans cette polémique, la fondation de sommets et de politiques d’échelle planétaire sur d’infimes variations de températures enregistrées sur des périodes temporelles absolument ridicules au regard des rythmes de la Terre, est indéniablement une exagération qui ne peut qu’inciter à la plus grande méfiance. On remarquera que l’expression « réchauffement climatique » est d’ailleurs en train de glisser doucement vers « changement climatique » !

Par ailleurs, même en admettant les présupposés de cette thèse, le réchauffement climatique est un problème dont les causes et les solutions sont fluctuantes :

Ce réchauffement climatique peut être un phénomène naturel d’évolution des températures planétaires auquel cas on affole les populations sans aucune utilité. Un astéroïde peut avoir détruit toute vie sur la Terre dans 10 ans… et alors ? Que peut-on y faire ? Autour de l’an 1000, tout un tas de prophètes hystériques ont affolé les populations afin de les amener à des comportements irrationnels de type religieux. Quelle est la différence aujourd’hui ?

Ce réchauffement peut aussi être causé par l’activité humaine mais qu’il soit trop tard pour y changer quoi que ce soit. Cela fait tout de même près de 200 ans que nous avons amorcé le virage de l’industrialisation et de l’utilisation des hydrocarbures à hautes doses. On est tenté de penser que l’initiation de tendances de cette ampleur n’est pas aussi facilement réversible dans les délais impartis (on nous parle de montées radicales des eaux à des horizons de 10 ou 20 ans). Si c’est le cas, on est dans une situation similaire à la précédente, à ceci près que ce qui va nous arriver sera de notre faute.

Il y a enfin l’hypothèse selon laquelle l’humanité peut encore réparer les torts qu’elle a créés, en réduisant notamment de façon drastique des émissions de gaz à effet de serre au premier plan desquels on trouve le CO2 des hydrocarbures.

Ce thème est consensuel dans les opinions publiques depuis de nombreuses années, mais il était jusqu’à présent totalement bloqué, on le sait, par les lobbies pétroliers et automobiles. Or, aujourd’hui, ces lobbies financent l’écologie à tours de bras. Certes, cela correspond à un travail de communication publicitaire tentant de détourner l’image produite par la réalité des métiers concernés. Mais cela a sans doute également à voir avec cette notion de « pic pétrolier »[2]. Certains pensent que nous l’avons déjà dépassé, d’autres qu’il est pour bientôt… une chose est certaine, nous n’en sommes pas loin et le temps de la reconversion est donc arrivé pour ces industries dont les plans de développement se mettent soudain à converger avec les opinions publiques. La thèse du réchauffement climatique s’est mise à servir leurs intérêts économiques. Cela pourrait être une bonne chose mais, puisque nous sommes d’accord, pourquoi en faire tant ? Là encore, la méfiance est de mise.

Dans leur sillage, d’autres industries voient désormais un intérêt à la mise en œuvre de cette priorité, notamment l’agro-industrie qui mène une guerre de pression sur les gouvernements depuis de nombreuses années pour imposer ses nouvelles méthodes de production agricole : hydro/aéro/ultraponie, modification génétique, etc…  (on voit d’ailleurs bien que les considérations climatiques et l’agriculture sont intimement liées, et que si la terre s’assèche, il va falloir déconnecter de plus en plus l’agriculture de la nature). Non pas que le débat sur la modernisation des méthodes agricoles en vue de l’accroissement démographique mondial attendu ne soit pas pertinent ; mais menons-le ouvertement sur la base de propositions diversifiées et argumentées, et sans passer par des artifices de propagande qui laissent à penser que les solutions apportées ne sont pas très avouables.

Il est d’ailleurs assez caractéristique de voir que dans la réduction des hydrocarbures préconisée par la lutte contre le réchauffement climatique, l’agriculture bio se retrouve épinglée comme éminemment pollueuse et donc anti-écologique !

En germe également, on trouve dans cet idéal (idéologie) de réduction des émissions de CO2, la réduction de l’activité humaine, sa mobilité notamment, symbole par excellence de sa liberté. La réduction des émissions de gaz à effet de serre passe en effet en autres choses par la diminution de la mobilité des êtres humains, celle des pauvres en particulier : la mobilité cesse déjà d’être un droit humain pour devenir un privilège de riches. Les 4x4 sont à cet égard emblématiques de cette évolution : ces machines à écraser les piétons, à monopoliser plusieurs places de parking et à polluer éhontément la planète sont un privilège de riche et méritent à ce titre le respect. Pendant ce temps, la mobilité des gens normaux subit d’incessants coups de boutoirs : culpabilisation permanente, hausse vertigineuse des coûts de déplacement en voiture (taxes, parkings, amendes,…), tracasseries ineptes liées aux déplacements aériens (déshabillages, fouilles, complications bagages…), etc…

Enfin, si on pousse jusqu’au bout la logique, l’angoisse créée autour de l’impératif de réduction de l’activité humaine rend insupportables la croissance démographique, l’industrialisation des pays du tiers-monde, etc… pour finir, insidieusement, par rendre souhaitables les grandes catastrophes naturelles, le contrôle autoritaire des naissances, les épidémies, la guerre… comme autant de moyens de réguler la démographie mondiale.

Ce qui est certain, c’est que la mobilisation « populaire » autour du réchauffement climatique a pris la place de la mobilisation contre la misère dans le monde et de la solidarité en général. Le clip « Tck Tck Tck : beds are burning »[3] est à cet égard particulièrement éloquent. Soixante artistes du monde entier chantent sur le modèle de « We are the world » une vision parfaitement millénariste du monde (tic-tac, on est à 5 minutes de la fin du monde) sans proposer d’autre solution que « prenez conscience ! (repentez-vous !) » (on se demande en vain quelle action nous est demandée dans cette chanson). Au lieu de chanter contre la misère dans le monde, les artistes du monde chantent maintenant pour la pérennité de leur monde (pour que je puisse continuer à utiliser mon 4x4, il faut que les autres arrêtent de polluer) ; au lieu de dénoncer des problèmes réels, ils dénoncent des risques hypothétiques ; au lieu de responsabiliser les gens (de leur montrer qu’ils peuvent aider – même en achetant simplement le disque), ils les déresponsabilisent (en leur parlant de problèmes qui ne dépendent que des plus hauts niveaux de décision mondiaux). Et pendant qu’ils chantent, des milliers d’enfants meurent de faim dans la plus grande indifférence désormais… l’Occident a maintenant des choses plus importantes à faire qu’à sauver un enfant, il doit sauver le monde !

Ce que l’on sent confusément avec le Sommet de Copenhague, c’est que le thème du réchauffement climatique est récupéré par tout un tas d’intérêts économiques et politiques aussi divers qu’incompatibles, que toute cohérence vient ainsi d’être éliminée du discours sur l’environnement en général, et que l’écologie est donc en train de perdre l’opinion publique pour devenir une affaire entre quelques extrémistes et de gros lobbies, neutralisés par le principe général qui demeure, lui, et selon lequel « être contre la planète, c’est mal ! ».

Récupération classique d’une noble aspiration humaine (au même titre que la paix, la liberté…) par des puissances manipulatrices (qu’elles soient économiques ou politiques - dans le cas présent, elles sont surtout économiques mais les objectifs politiques pointent déjà leur nez) qui la dé-rationnalisent pour en supprimer la charge fondamentalement démocratique et humaniste, et la récupérer sur une base moralisatrice comme vecteur irrésistible de promotion de leurs intérêts.

C’est dommage pour les pauvres, pour les vrais problèmes – ceux pour lesquels on peut faire quelque chose, pour la compréhension qu’on en a, ... et c’est surtout dommage pour la cause environnementale !

Masha Loyak



[1] Les délégués de 190 pays réunis à Montréal le 12 septembre 2007 ont pu saluer, 20 ans après la signature du protocole, la réussite du projet qui se concrétise par un arrêt total de la production des chlorofluorocarbures prévu en 2010 et une estimation optimiste de la communauté scientifique : la couche d'ozone retrouvera normalement son état de 1980 entre 2055 et 2065. Il était prévu d'éliminer les hydrochlorofluorocarbures, les principaux substituts des chlorofluorocarbures, d'ici à 2020 pour les pays industrialisés et 2040 pour les pays en voie de développement. Des chercheurs ont établi récemment que l'élimination précoce (10 ans plus tôt, soit en 2030) des hydrochlorofluorocarbures réduirait l'effet de serre dans une proportion supérieure à ce que doit permettre le Protocole de Kyoto sur le changement climatique. Un accord a été conclu, lors de cette 19e réunion des parties qui permet une accélération de la sortie de l'utilisation des hydrochlorofluorocarbures. En vertu de cette entente, la production de ces substances sera gelée en 2013 à son niveau moyen de 2009-2010. Les pays industrialisés arrêteront la production et la consommation en 2020, réduisant celles-ci à 75 % en 2010 et 90 % en 2015 (0,5 % sont autorisés pour la maintenance). Les pays en développement réduiront de 10 % en 2015, 35 % en 2020, 67,5 % en 2025, gardant 2,5 % en moyenne sur les cinq dernières années pour la maintenance. Le succès du Protocole de Montréal montre que la communauté internationale est capable de résoudre des problèmes environnementaux. (Wikipedia)

[2] Moment où la production mondiale de pétrole plafonnera puis commencera à décliner du fait de l'épuisement des réserves de pétrole exploitables. Wikipedia

[3] You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=1W4N8GpPEp0

 


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Conférence-Débat Justice en Europe

La deuxième rencontre du cycle
LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe

Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris


A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.

Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.

Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.

Contacts:
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